| Une
fois le travail de l’émouleur accompli, le couteau passe
dans les mains du "polisseur".
Ce dernier a pour tâche d’atténuer toutes les traces
de meulage à l’aide d’une polissoire de cuir et d’un
feutre, tous deux enduits de pain à polir (mélange de
corps gras et d’ “émeri“ fin).
Le travail de la lame est alors presque achevé. L’ultime
opération de lustrage confère le brillant définitif.
La technique utilisée rappelle fortement celle du polissage ;
la lame est frottée contre des disques de coton ou de flanelle
enduits de corps gras. L’opération de lustrage sera, par
la suite, répétée à l’identique sur
le manche.
Une fois le travail de la lame
achevé, c’est au tour du manche
d’être l’objet de toutes les attentions…
Le travail du manche est confié
au “façonneur“.
Ce dernier travaille, à l’époque, des matériaux
nobles tels que la nacre, l’ivoire, les bois précieux,
l’écaille ou la corne. Chaque matériau requiert
un savoir-faire particulier. La corne , par exemple, doit être
assouplie dans de l’eau puis débarrassée de ces
impuretés à la flamme.
Les opérations de façonnage du manche en elles-mêmes
dépendent ensuite du matériau et du résultat escompté.
Le manche peut être moulé dans des matrices fidèles
aux formes souhaitées, travaillé à l’aide
de petites meules ou sculpté à la main pour la plus grande
joie des collectionneurs avertis.
La lame
et le manche obtenus sont ensuite confiés au “monteur“
qui a la lourde charge d’assembler et d’ajuster les différents
éléments du couteau. Ces derniers sont plus ou moins nombreux
selon le type de couteau monté (fermant ou non).
Le couteau SABATIER traditionnel pour qui la lame, la mitre et la soie
sont forgées dans le même bloc d’acier, reçoit
2 “plaquettes“ ou « côtes »
en guise de manche. Ces dernières sont rivetées de part
et d’autre de la soie à l’aide de trois rivets
tubulaires en laiton.
Le “polisseur“
réapparaît pour lustrer une dernière fois la lame
et le manche selon la technique précédemment évoquée.
Le couteau est alors impeccable.
“L’affileur“
clôt les opérations. Il confère du fil à
la lame qui obtient ainsi son tranchant définitif. |